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CRIEF : Mandian Sidibé conteste les 78 milliards GNF et livre sa version

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L’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mandian Sidibé, a livré ce vendredi 30 octobre 2026 sa version des faits devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Poursuivi notamment pour détournement de deniers publics, abus de confiance et corruption dans une affaire portant sur un montant présumé de 78 milliards de francs guinéens, l’ancien responsable a rejeté l’ensemble des accusations. À la barre, il a également évoqué la gestion de l’OGP, les primes du conseil d’administration, les archives de l’institution ainsi que ses propres rémunérations.

Dès son intervention, Mandian Sidibé a affirmé ne pas reconnaître les faits qui lui sont reprochés.

« Je ne reconnais pas les faits. Je présente mes excuses au président de la République pour cette rupture de confiance et je remercie tous mes proches. Mon limogeage et mon séjour carcéral m’ont permis de mieux discerner les choses. »

L’ancien patron de l’OGP a ensuite insisté sur les difficultés qu’aurait engendrées son départ dans l’accès aux documents de l’institution. Il affirme ne plus avoir eu accès à son bureau depuis son limogeage, intervenu le 14 décembre 2025.

Selon lui, les conséquences de l’explosion du dépôt d’hydrocarbures de Kaloum avaient déjà affecté les installations de l’OGP. Il affirme qu’un état des lieux avait été réalisé avant son départ.

« Depuis mon limogeage, le 14 décembre 2025, je n’ai plus eu accès à mon bureau. Après l’explosion du dépôt d’hydrocarbures de Kaloum, l’OGP a été durement touché. Un procès-verbal du Patrimoine bâti public avait fait l’état des lieux jusqu’à mon départ, à ma demande. »

Mandian Sidibé soutient également que certains documents et le serveur informatique auraient été déplacés après son départ, rendant plus difficile, selon lui, la vérification de certaines opérations.

« Dès après mon départ, mon successeur a déplacé les dossiers restants ainsi que notre serveur informatique. Je ne sais pas où ils se trouvent. Nous avons ainsi perdu la quasi-totalité de nos archives. »

Un bilan de 108 milliards GNF de recettes

Pour défendre sa gestion, l’ancien directeur général a présenté les chiffres de recettes qu’il attribue à l’OGP entre 2022 et 2024.

« En 2022, nous avons réalisé 38 milliards de francs guinéens de recettes, 33 milliards en 2023 et 35 milliards en 2024, soit un cumul de 108 milliards de francs guinéens sur les trois années de ma gestion. »

Il affirme par ailleurs que son équipe a assuré le paiement des salaires du personnel durant cette période.

« Notre équipe a payé l’intégralité des salaires du personnel de 2022 à 2024, pour un montant de 5 milliards de francs guinéens. Par ailleurs, 2 milliards de francs guinéens ont été perçus par le conseil d’administration durant ma gestion. Ce n’est pas moi qui ai institué ces primes. »

Les primes du conseil d’administration évoquées

Mandian Sidibé est également revenu sur les mécanismes de primes qu’il dit avoir découverts à son arrivée à l’OGP.

« Lorsque je suis arrivé en 2022, j’ai reçu 100 millions de francs guinéens auprès de la DAF. J’ai demandé pourquoi, et on m’a expliqué qu’il s’agissait de primes de fonds de caisse que je devais percevoir à la fin de chaque mois. »

Il affirme avoir refusé de poursuivre cette pratique et avoir restitué la somme.

« Par la suite, j’ai demandé qu’on arrête cette pratique. J’ai intégralement remboursé les 100 millions de francs guinéens et, depuis lors, nous avons cessé de percevoir ce fonds de caisse. »

Selon lui, cette pratique aurait cependant continué au niveau du conseil d’administration.

« Je ne suis pas responsable de ce qui relevait du président du conseil d’administration. Celui-ci n’a pas voulu arrêter cette pratique, il a simplement diminué le montant des primes à 50 millions de francs guinéens pour les membres concernés. »

Mandian Sidibé met en cause le rapport d’inspection

L’ancien DG de l’OGP a également contesté le contenu du rapport de l’Inspection générale de l’État (IGE).

Il affirme que certaines recommandations auraient été retirées du document final et soutient avoir conservé une copie du rapport initial.

« Le conseil d’administration a fait appel aux inspecteurs pour retirer certaines recommandations. Dans le rapport, il a enlevé tout ce qui ne l’arrangeait pas. Cependant, j’avais déjà conservé l’original. Ils ont falsifié le document. »

Mandian Sidibé a également évoqué des observations concernant certains contrats et les véhicules acquis durant sa gestion.

« La mission a également constaté des éléments concernant les contrats, notamment un montant d’un milliard de francs guinéens. Quant aux véhicules acquis entre 2022 et 2024, ils sont tous disponibles, même après mon limogeage. »

Recrutements et communication institutionnelle

L’ancien responsable a ensuite expliqué ce qu’il considère comme les principales difficultés rencontrées pendant son passage à la tête de l’OGP.

Il cite notamment la politique de recrutement et la communication institutionnelle.

« Nos difficultés proviennent de trois facteurs. À notre prise de fonction, l’OGP comptait 130 personnes. Nous avons donc lancé le recrutement de nouveaux travailleurs pour contribuer à réduire le chômage et augmenter le chiffre d’affaires de l’OGP, mais je suis tombé dans un piège lié aux recrutements. »

Concernant la communication institutionnelle, Mandian Sidibé affirme avoir été confronté à des exigences importantes sans disposer, selon lui, de l’accompagnement nécessaire.

« La communication institutionnelle était mon plus gros souci, puisqu’on m’exigeait des résultats dans ce domaine sans accompagnement. »

Il estime par ailleurs que sa proximité supposée avec le chef de l’État aurait suscité des critiques à son encontre.

« Au niveau de la communication, mes détracteurs étaient jaloux de ma proximité avec le président de la République. Avant mon arrivée, on parlait de la communication institutionnelle. Comme vous pouvez le constater, depuis mon départ, vous ne voyez plus de photos du président de la République dans cette communication institutionnelle. »

Mandian Sidibé se considère ainsi comme victime d’une procédure qu’il juge injustifiée.

« Je suis une victime innocente. Les membres du conseil d’administration étaient également concernés par la gestion des fonds de l’OGP, qui étaient logés à la Banque centrale. »

« Ce montant de 78 milliards est inventé »

Sur le montant de 78 milliards de francs guinéens au cœur de la procédure, l’ancien DG de l’OGP maintient fermement sa contestation.

« Ce montant de 78 milliards de francs guinéens est inventé. Il n’y a aucune pièce justificative. Après le passage de l’inspection, ils ont trouvé un montant de 22 milliards de francs guinéens à justifier. Nous sommes victimes d’un acharnement. »

Mandian Sidibé a également détaillé ses avantages financiers lorsqu’il dirigeait l’OGP.

« J’étais payé à 75 millions de francs guinéens comme salaire, avec 30 millions de prime de carburant et une enveloppe forfaitaire de 100 millions. Tous ces avantages étaient prévus par le conseil d’administration. »

Sur son patrimoine immobilier, il a déclaré :

« Je n’ai pas de terrain à Conakry, sauf à Kouroussa. »

Les débats se poursuivent devant la CRIEF. Le tribunal, le parquet, les avocats de la partie civile et ceux de la défense doivent encore examiner plusieurs points du dossier opposant l’ancien directeur général de l’OGP aux autorités judiciaires.
A suivre ...

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


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